La chute est d’autant plus brutale qu’elle part de très haut. Francesco « Pecco » Bagnaia, le métronome de Turin, le pilote qui avait transformé Ducati en une machine à gagner infaillible, a vécu une saison 2025-2026 qui ressemble à un long chemin de croix. Ce n’est pas seulement une perte de vitesse, c’est une déconnexion totale avec l’harmonie qui faisait sa force. L’arrivée de Marc Márquez dans son garage a agi comme un poison lent sur sa confiance, brisant la sérénité du double champion du monde.

Tout au long de l’année, Bagnaia a semblé courir après un fantôme. Cherchant à égaler l’agressivité de son coéquipier, il a perdu ce qui faisait son essence : sa précision millimétrée. En multipliant les chutes — souvent alors qu’il menait — Pecco est entré dans une spirale négative dont il n’est jamais sorti. Chaque erreur entraînait une remise en question de ses réglages, l’éloignant chaque week-end un peu plus de la base technique solide qui l’avait porté au sommet.

Dans le paddock, on murmure que le choc psychologique a été trop rude. Bagnaia n’a pas seulement perdu des points, il a perdu son statut de leader naturel. Pour un pilote qui a besoin de se sentir le centre du projet pour briller, voir toute l’attention médiatique et technique se tourner vers l’autre côté du box a été dévastateur. 2026 restera pour lui l’année du doute, un hiver précoce dont il devra sortir en se réinventant totalement s’il veut un jour redevenir le « Professeur » qu’il était.

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